Les bois chinois
NOM |
COULEUR |
CARACTERISTIQUES |
Baimu
Cyprès
|
brun-jaune |
La meilleure qualité se trouve dans la province
du Sichuan, mais également dans le Gansu. Parfois gras
au toucher, il dégage une fragrance forte. D'une densité
et d'une robustesse moyenne à importante. Après
un séchage très lent, le bois résiste
aux insectes. Une fois lustrée, la surface devient
très brillante. |
Hetao
noyer
|
brun-doré à brun-rouge |
Une essence qui vient surtout de la province du
Shanxi ; permet un travail de ciselure très fin. Sa
texture grainée est légèrement parfumée |
Hongmu
acajou chinois
|
variant de rouge-brun à rouge-noir |
Utilisé seulement après le XVIIIe
siècle |
Huai
robinier |
|
Bois très dense aux pores larges. Très
dur et très solide. Après séchage, il
est très stable et résiste naturellement aux
moisissures et aux insectes. Sa surface polie offre de jolis
reflets. |
Huanghuali
bois de rose doré
|
pourpre sombre à rouge sombre |
Texture raffinée et brillante, très
dur, provient des régions du Sud |
Huangyang
buis
|
jaune pâle à brun |
Etant donné ses proportions modestes, le
buis sert surtout pour la confection d'objets de petites dimensions
et de pièces d'incrustation. C'est une essence à
la texture fine et douce mais très résistante,
répandue dans toute la Chine. |
Jichimu
"aile de poulet"
|
brun profond |
Offre des motifs bruns et gris ressemblant à
des plumes |
Jumu (Zelkova)
orme du Sud
|
brun-doré à brun clair |
Bois très populaire dans la région
de Suzhou, mais aussi dans le Jiangsu, le Zhejiang et l'Anhui
et plus rare dans la province du Shanxi ; les rais médullaires
sont assez resserrés et le matériau est assez
dense et dur. |
Li
poirier
|
gris clair à brun-rouge |
Bois longtemps utilisé pour la fabrication
de reliefs, d'instruments de musique, de blocs d'imprimerie,
facile à travailler. Il existe une douzaine de variétés |
Nanmu
laurier persistant
|
brun-olive à brun-rouge |
D'une surface chatoyante et d'une texture très
douce, c'est le "matériau" par excellence
d'après les lettrés Ming. En effet, il est souvent
utilisé pour la confection d'objets à vocation
décorative, panneaux peints... collectionnés
par les lettrés. |
Wutong, Baotong
paulownia
|
gris argenté à brun-noisette |
Très léger et doté de grandes
qualités "sonores", ce bois s'adapte bien
à la fabrication des instruments de musique. Il résiste
aussi bien à la chaleur qu'à l'humidité,
si bien que de nombreux coffres, notamment destinés
au dépôt de l'argent, sont en bois de paulownia. |
Qiu
catalpa
|
gris-brun à brun foncé |
Bois essentiellement du Sud de la Chine, qui résiste
très bien au temps (on retrouve des objets en catalpa
datant de la dynastie Han). Sa stabilité en fait une
base idéale pour le laquage. |
Shan
fir
|
jaune-brun |
D'abord matériau de construction, le bois
de fir (certaines variétés) est parfois utilisé
pour le mobilier. Ses fibres sont très régulières
et sa robustesse importante. En revanche, il résiste
peu aux champignons et aux insectes. |
Shi
plaqueminier
|
jaune-brun à rouge-brun |
Avant tout cultivé pour ses fruits, le plaqueminier
entre aussi dans la fabrication de certains meubles. De grandes
variations dans les coloris. |
Tieli
bois de fer
|
noir ou gris très sombre |
Texture à gros fil, souvent utilisé
pour le dos des meubles, les intérieurs des tiroirs |
Xiangzhang
camphre
|
rouge-brun |
Bois au parfum caractéristique, le camphrier
résiste naturellement aux attaques des insectes ; c'est
pourquoi, il est largement utilisé pour la fabrication
des armoires et des coffres. |
Yang
peuplier
|
beige clair à beige profond |
Bien qu'il existe plus d'une soixantaine de variétés
de peupliers en Chine, ils poussent surtout dans les provinces
septentrionales. Leur dureté est variable, mais en
général, ce sont des bois assez tendres, aux
fibres régulièrement disposées. |
Yumu
orme du Nord
|
brun-jaune à noisette |
Le bois le plus communément utilisé
dans le Nord de la Chine (se trouve surtout dans les provinces
du Shaanxi, Shanxi et Hebei). D'une densité et d'une
dureté moyennes, il est facile à travailler,
très reconnaissable à ses rais ondulants. |
Zitan
bois de santal rouge
|
brun-rouge à jaune doré |
Surface chatoyante avec des motifs abstraits, provient
surtout des régions du Sud de la Chine, bois très
dur et très lourd |
Zuomu
chêne
|
jaune-gris à brun-gris |
Le mobilier en chêne est assez rare en Chine,
même s'il existe plus de quarante variétés
de chênes en Chine. Facile à travailler, très
dense, très dur, le bois de chêne, avec ses rais
réguliers, offre une surface très brillante. |
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LA LAQUE
Description
C'est en Chine que l'on trouve les premières utilisations
de la laque, près de 1000 ans avant J-C. La présence
de la laque est attestée ensuite au Japon vers le VIe siècle.
Dès la dynastie des Zhou (1066 - 221 av. JC), puis développée
sous les Han (206 av. - 220 ap. JC), elle remporte un vif succès.
C'est surtout sous les Ming (1368 - 1644) que s'organisent les
ateliers officiels de laque.
A l'origine, c'est la sève
du laquier sauvage qui est utilisée, très vite remplacée
par celle, plus efficace, du "Rhus verniflua". La première
étape consiste à entailler l'écorce de l'arbre
pour en extraire cette sève, recueillie dans des récipients
adaptés. Au contact de l'air et de la lumière, la
sève noircit. Avant qu'elle ne durcisse, il faut la clarifier
et la purifier à l'aide d'un filtre ; on obtient alors
une texture de couleur brune, à utiliser pure ou mélangée
avec des pigments colorants. Les pigments les plus courants sont
le rouge de cinabre (rouge), le sulfate de fer (noir), le sulfure
d'arsenic (vert), l'oxyde de fer (brun) et le carbonate de plomb
(blanc).
Sa beauté vient de
son effet de profondeur dû à une légère
translucidité. Dans le cas par exemple d'une laque noire
avec des transparences rouge profond, l'effet provient d'apprêts
d'oxyde jaune visibles à travers les couches de laque qui
ne sont pas à proprement parler noires mais plutôt
brunes - rouges translucides.
Techniques et procédés
L'aspect lisse et agréable au toucher est obtenu grâce
à de multiples ponçages qui se font à l'eau
. On peut encore aujourd'hui visiter des ateliers au Vietnam où
l'on voit comment s'opérait le ponçage : au milieu
de l'atelier se trouve une sorte de bassin. Les ouvriers sont
assis sur de petits tabourets, les pieds dans l'eau, et poncent
les objets. Des pierres lisses étaient autrefois utilisées
pour le ponçage.
La "vraie" laque
dite aussi "laque végétale" est peu ou
pas utilisée en Europe, que ce soit en restauration ou
en création. On utilise à sa place des vernis gras
(phormophénolique). La laque végétale cause
des allergies. Il faut donc porter des gants et un masque lors
de son application.
Plus anciennement on utilisait les fameux vernis Martin.
Le
vernis Martin
Il y eut au XVIIIe siècle de nombreuses importations de
laques japonaises ou chinoises. On récupérait les
panneaux pour les encastrer dans les créations de l'époque,
commodes, bureaux etc. La laque fut tellement appréciée
que l'on chercha vite un moyen d'imiter cette matière d'où
l'invention du vernis Martin.
Bien que cette technique ne soit à l'origine qu'une imitation
de la laque, les meubles en vernis Martin de cette époque
sont aujourd'hui très recherchés et ont souvent
une très grande valeur !
Décors
Il existe une multitude de techniques et même d'écoles
tant en Chine qu'au Japon. Les différences entre ateliers
portent sur les sujets aussi bien que sur les techniques employées.
La laque peut être gravée, décorée
à l'or ou à l'argent ou incrustée de toutes
sortes de matières.
Le matériau le plus utilisé est la feuille d'or
jaune, mais l'on trouve aussi l'or vert, rouge, blanc que ce soit
en feuille ou en poudre. On trouve aussi des poudres de bronze
et l'aventurine (paillettes en bronze ou en micas que l'on disperse
en nuage sur la laque). Ce dernier procédé est très
utilisé pour les intérieurs de boîtes ou de
tiroir ou lors de la fabrication des encadrements.
Pigments
: l'encre de Chine
La plupart des sujets faits en plein à la feuille d'or
sont détaillés à l'encre de Chine ; ainsi
dans un visage les cheveux, les yeux, la bouche, le nez sont-ils
soulignés au pinceau. A ce sujet il est intéressant
de noter que souvent lorsque l'on regarde une laque ancienne,
on voit un décor assez usé où l'assiette
transparaît ; tous les détails semblent avoir été
peints à l'or... en fait à l'origine ces détails
ont été réalisés à l'encre
de Chine et l'or, à ces endroits, a simplement été
protégé de l'usure ! L'effet en est souvent splendide,
quoiqu'à l'origine l'œuvre ait été toute
différente. Dans le même ordre d'idée les
couleurs ont souvent pris une patine importante et étaient
bien plus vives à la création de l'objet.
Volumes
Très souvent les décors sont faits en volume au
moyen de l'accumulation de plusieurs couches successives finalement
dorées.
Incrustations
- nacre (on choisit souvent une nacre dont une couleur dominante
de l'irisation prédomine pour qu'elle aille parfaitement
avec le sujet)
- ivoire (parfois d'origine marine)
- pierres dures
- ambre gris
-coquille d'œuf etc.
Laques
gravées : Coromandel
Il existe bien des sortes de gravures sur laque, mais la plus
importante (du moins par le nombre) que l'on peut trouve en Europe
et celles que l'on désigne sous l'appellation de "Coromandel"
ou "laque de Coromandel". Ce nom vient en fait des bateaux
de la Compagnie des Indes dont les comptoirs étaient à
Coromandel (je ne sais s'ils faisaient escale à Coromandel
en venant de Chine ou s'ils stockaient les laques dans ces entrepôts,
ou si les Chinois livraient directement dans ces entrepôts).
Ces laques sont pour la plupart des paravents. La couleur de la
laque va du brun jusqu'à un brun-rouge-noir. Elle est appliquée
sur des apprêts blancs assez épais (5 mm environ).
La laque est gravée avec des fers à reparure de
différentes largeurs, de grandes surfaces sont mêmes
dégagées, on colore enfin avec des pigments les
blancs des panneaux.
Conservation
La laque est un matériau assez fragile
Elle craint :
- La lumière : les néons particulièrement
peuvent occasionner des décolorations
- Les trop grandes différences d'hygrométrie ou
de température